Avoir des enfants pour les voir mourir, il n'y a rien de pire évidemment pour un père ou une mère, ou même les deux, ou des fois même trois, mais là on rentre dans les secrets d'alcôve et on ne s'y aventurera pas, même avec des patins, si c'est ciré comme plancher d'alcôve en chêne, si l'on a bon goût, et ça va avec tout. 

C'est sûrement le moment le plus douloureux de sa vie, au type qui raconte, que son fils unique meure. 

Son fils meurt dans un accident de chantier. 

Un chantier de charpente. 

Cloué sur une croix par des romains. 

Le fils. 

À l'époque sur les chantiers, la sécurité des travailleurs n'est pas considérée comme une priorité, on n'a pas de chaussures de sécurité, on est souvent pieds nus voire en sandales si l'on est plus ou moins fortuné, plutôt moins même, ne lésinons pas sur les moyens; parfois on peut aller se payer une belle paire de sandales à la mode à la boutique de sandales de luxe du quartier, lorsqu'on a payé tout ce qu'on devait payer comme la nourriture, le fourrage pour les chameaux, le gaz ou l'électricité, par contre on n'a pas de casque de protection, tout juste une couronne d'épines qui ne protège de rien du tout. 

Par exemple un marteau-piqueur tombe du 60ème étage d'un building romain en construction, l'ouvrier qui porte une couronne d'épines n'aura que peu de chance d'avoir de la chance. 

La couronne d'épines est très probablement l'ancêtre du casque de chantier, bien qu'on n'en soit pas complètement sûr, à l'heure où j'écris ces lignes. 

Cela reste une épineuse question, et c'est fort logique somme toute, soit dit au passage.

Mais attendons avant de nous emballer, il faut bien sûr se replacer dans le contexte de l'époque pour comprendre.

Je vous connais, vous êtes tout fous, dès que vous en avez l'occasion, dès que j'ai le dos tourné, vous vous emballez comme ça pour trois fois rien.

Ne nous emballons pas et replaçons-nous dans le contexte de l'époque pour comprendre.

Nous sommes à Jérusalem dans les monts de Judée en l'an 33 pendant J.C., sur le mont Golgotha. 

Le mont Golgotha n'est pas à proprement parler une montagne, c'est un mont, une colline si peu élevée qu'on ne peut en faire un domaine skiable, d'où l'absence notable d'un téléphérique ou même d'un simple tire-fesses à cet endroit. 

Lors de son ascension de ce mont vers le chantier romain situé à son sommet, le Christ - car c'est de lui qu'il s'agit – ne peut donc pas par conséquence faire son chemin de croix en tire-fesses ou sur la banquette moelleuse d'un téléphérique, nous l'avons déjà dit, et même si on ne l'a pas encore vraiment dit, on était tout près de le faire. 

C'était tout comme. 

On n'était pas loin. 

Il ne nous aura manqué que quelques mètres. 

Des fois ça tient à peu de choses, quand on y pense. Ça se joue à rien.

-Vous êtes bien Monsieur Christ?

-Oui monsieur le soldat romain, c'est moi, Christ, prénom Jésus.

-Jésus? C'est un prénom biblique ça non?

-Je sais pas, mais que me reproche-t-on à la fin? Et c'est quoi la Bible?

-Vous avez été condamné par le Sanhédrin à la crucifixion à vie pour avoir, je cite, « dit à tout le monde que vous êtes le fils de Dieu ». Mais vous avez manifestement commis une usurpation d'identité.

-Mais non pourquoi?

-Votre vrai père ne s'appelle-t-il pas Joseph Charpentier plutôt?

-Mouiii...enfin...c'est compliqué pour dire les choses, c'est-à-dire que nous sommes une famille recomposée, les services sociaux sont parfaitement au courant, notre situation familiale est connue, nous ne cachons rien à l'administration et je ne...

-Écoutez, je ne suis pas ici pour refaire votre procès, je ne suis pas là pour commenter une décision de justice, je ne suis là que pour exécuter votre peine, mon rôle s'arrête là. Vous avez une préférence pour la couronne d'épines à ce propos? Plutôt portée sur le côté ou à la mode, portée sur l'arrière du crâne? Avec une visière? Une couronne d'épines en coton ou en épines? Et il me semble que vous n'avez pas une tête à chapeau, vous connaissez votre tour de tête?

-Non, alors là pas du tout, désolé, j'avoue bien humblement que non pas du tout mais alors, pour le coup.

-Bon je vais vous mettre le modèle standard alors, du 40 hein ça me paraît bien du 40, s'il est un peu trop serré, ils se fera avec le temps, ne vous inquiétez pas, la couronne d'épines ça serre au début mais ça se détend. Et vous avez un mois pour l'échanger si vous n'êtes pas satisfait, sachez-le.

-Et sinon, pour la crucifixion, ça se passe comment? Je dois faire faire un devis pour une croix? Faire une demande à la mairie concernant des travaux? Et pour l'emplacement, il faut un permis de construire?

-Non non, nous nous occupons de tout, c'est nous les maîtres-d'œuvre, on s'occupe des fournitures et de la pose, ainsi que des formalités administratives. Et c'est totalement gratuit, vous n'avez aucun frais à avancer, pas d'arrhes à verser, rien du tout, c'est cadeau, ça nous fait plaisir, et c'est même garanti dix ans pièces et main-d'oeuvre.

-Bon ben ça me paraît honnête, c'est même très tentant. Et sinon pour la croix, y a une cabine d'essayage?

C'était une autre époque, vraiment. 

Non je dis c'était vraiment une autre époque. 

À cette époque on savait s'amuser, c'était pas comme maintenant.

À suivre...

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Commis par pow wow on samedi 16 mai 2020


C'est l'épilogue d'une vie de poireau donc, commencée pourtant quelque mois plus tôt, au beau soleil du mois de mai, dans un champ de bonne terre travaillée avec amour par un paysan bourru aux mains calleuses comme seuls les berrichons ont des mains aussi calleuses. 

Le berrichon a la tête près du bonnet c'est vrai, mais il a aussi les mains calleuses, voilà tout son charme. 

D'ailleurs aucune fille bien charpentée de la ville, solide comme un roc et dure à la tâche ne peut résister au berrichon de la terre. 

Bon je ne connais aucun berrichon donc il se peut que ma magistrale démonstration atteigne ses limites ici, mais j'ai demandé à toutes les filles que je connais, aucune d'elle ne résisterait à un berrichon aux mains calleuses d'après leurs dires. 

Je les ai cuisinées, travaillées au corps sans relâche, interrogées sous le régime de la garde à vue, et elles ont fini par craquer, en pleurs, me révélant ce que je voulais entendre. Des aveux.

-Tu vas parler oui? Crache le morceau! J'en ai eu des plus coriaces que toi ma petite, j'ai eu le gang des lyonnais, le gang des bordelais, le gang des aveyronnais du sud, le gang des siciliens, le gang à Baader, le gang des yakuzas, le gang des jacuzzis, le gang des Genovese, le gang des Lucchese, le gang des Bolognese, le geng des Tartelettofrese, tous ont parlé, tous ont avoué, tous sont sortis d'ici en morceaux, ruinés, mais soulagés d'avoir allégé leur conscience, penses-y. Bon reprenons, explique-moi comment se fait-il qu'on ait retrouvé des milliers de photos de mains calleuses dans le disque dur de ton ordinateur? Tu vas nier encore longtemps avoir de l'attirance pour les vieux paysans berrichons sans défense? Tu n'as pas honte? Tu sais qu'un vieux paysan berrichon sans défense verra son enfance traumatisée à vie et que c'est son avenir qui est dès lors compromis? Réfléchis à ça, réfléchis aux dégâts que tu peux causer, et pense que tu enrichis les mafias qui prospèrent en photographiant des vieux paysans berrichons aux mains calleuses dans de sordides réseaux.

C'est souvent des choses qu'on oublie ça, les mafias qui prospèrent, et de payer le loyer aussi, et je suis là pour le rappeler, et heureusement, pourrait-on dire. 

On peut aussi ne rien dire mais je laisse le poids de la honte écraser votre conscience. 

Si vous en avez une. 

Et une éthique aussi.

Pensez à payer le loyer, j'ai dit que j'étais là pour le rappeler. 

Rappelez-moi le mois prochain à vous faire penser à payer le loyer. 

Du mois prochain.

Faites un marque-page ici, et surlignez en rose fluo la phrase qui suit.

MARQUE-PAGE POUR PENSER À PAYER LE LOYER DU MOIS PROCHAIN (ET DES AUTRES MOIS PROCHAINS AUSSI)

Faites un autre marque-page ici, et surlignez en vert fluo la phrase qui suit.

MARQUE-PAGE POUR PENSER À REGARDER LE MARQUE-PAGE CI-DESSUS LE MOIS PROCHAIN (ET LES AUTRES MOIS PROCHAINS AUSSI)

Une autobiographie, plus j'y pense, plus je trouve que ouais c'est bien.

J'en ai déjà lu une, effectivement c'était chouette.

Bon c'était pas vraiment une autobiographie, c'était un genre d'ouvrage collectif. 

Une autobiographie collective de pleins de gens.

L'histoire de types chelous, qui doivent prendre de la drogue, parce que leur récit c'est que des hallus, des fois collectives, mais c'est costaud leur produit.

Déjà au départ de leur histoire au type, il dit qu'il sont dans un endroit où il n'y a rien, sûrement une gare en Roumanie, et un type décide qu'il doit allumer la lumière, parce qu'il est dans l'obscurité, qu'il a inventée. 

Déjà t'imagines les produits qu'il prend le type.

Et il allume la lumière. 

Bon déjà, ça sent le pétard à plein nez, je sais pas vous. 

Si y rigole comme un benêt, c'est signé. 

C'est de la bonne.

Y dit qu'il allume la lumière et qu'il voit que tout ça est bel et bon, et qu'il va passer à la phase 2.

Le mec racontait toute sa vie, un truc de dingue, le mec c'était un aventurier de première bourre, le baroudeur-type qu'a tout vu, tout fait, vraiment tout. 

Le plus émouvant, c'est qu'il racontait qu'il avait eu un fils a un âge déjà avancé, et qu'il avait perdu ce fils. 

Parce qu'il y a des gens comme ça qui ne s'engagent à fonder une famille et à n'avoir des enfants qu'après avoir bien profité de la vie, la fête, les voyages, les filles, la samba, le karaoké, s'enivrer des plaisirs de la vie jusqu'à l'excès, goûter à l'expression de la liberté sans entrave aucune croit-on, car courir toute sa vie après la liberté, c'est déjà ne plus être libre. 

Réfléchis un peu à ça.

Être libre, c'est tout rejeter, y compris la liberté. 

T'as vu le niveau du concept un peu?

S'enchaîner à la liberté, c'est la pire des servitudes, faite d'aveuglement et de dévotion au-delà du raisonnable, jusqu'au jour où l'on en fait une statue tellement la dévotion est forte, tellement on déifie cette notion, et pour dire aux autres qui sont des cons je sais j'en connais mais je dirais pas les noms, et au monde: « Voyez quel est notre Dieu, voyez ce qu'on aimerait atteindre, voyez ce qui nous est pour l 'heure inaccessible et que nous espérons pourtant». 

Oui d'accord mais tout ça n'a aucun rapport avec l'histoire de ce type. 

Elle est bien bonne celle-là, une statue de la Liberté, je voudrais bien voir ça.

N'importe quoi.

À suivre...

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Commis par pow wow on dimanche 10 mai 2020


Le raffinement et l'accord parfait que forment l'alliance d'un coup de blanc et de ce poisson, ce ne peut être le fruit du hasard. 

Il y a très clairement une émanation intelligente à l'origine de cette combinaison céleste, n'ayons pas peur des mots. 

Sur des millions de milliards de combinaisons possibles, sur des distances impossibles, le hasard ne pouvait placer le sandre au rayon poissonnerie et le Meursault au rayon vin dix mètres plus loin, alors que la taille de l'univers observable serait d'environ 100 milliards d'années-lumière. 

C'est impossible que tout ça se retrouve côte à côte chez Shopi, tout ça à quelques mètres du rayon beurre, qui plus est.

Tu vois la combinaison miraculeuse. 

Tu vois le truc. 

C'est énorme.

On aurait pu voir le Meursault s'épanouir dans les chais en bois de zbültrq (l'équivalent du chêne local) sur Bételgeuse, et le sandre pêché dans les étangs poissonneux de Proxima du Centaure.

Et le beurre je t'en parle même pas, bon pas à côté d'une supernova non plus parce que c'est chaud et le beurre ça supporte moyen la chaleur.

Comment alors se faire rencontrer les deux ? Parce que si le Meursault supporte bien les années et le voyage, question poisson...c'est une autre histoire.

D'ailleurs c'est une autre histoire.

Certes.

Oui donc.

Recentrons le débat.

Je parlais de cela, du sandre au beurre blanc, car lorsqu'on se voit avec mon éditeur, c'est au restaurant. 

C'est pour ça que je le vois beaucoup.

Une autobiographie, tout bien considéré c'est vrai que ce serait le mieux.

Oui mais une grosse alors, une bien grosse et bien épaisse, pour qu'on puisse se voir souvent. 

Pour en discuter. 

Au restaurant. 

Parce qu'il y a tellement de choses appétissantes sur les cartes, ce serait dommage de rater tout ça.

Une autobiographie. 

En cinquante-quatre volumes. 

Un par année.

Va falloir que je brode. 

Sacrément. 

De ouf.

C'est pas possible, faut que je m'invente une vie.

Je peux même arguer du fait que je connais bien le bouddhisme - la religion des bouddhistes, pas les films de bouddhisme comme David Carradine ou Kung-fu Panda – et particulièrement leurs histoires de réincarnation et de vies successives, ou renaissances, pour lui proposer mes sept autobiographies de cinquante-quatre volumes chacune. 

Les sept premières. 

En prenant soin de raconter qu'à chaque fois, j'ai été réincarné en homme ou en femme ou en enfant, ou en hermaphrodite amish, ou en ami des bathyscaphes, parce que comme chez eux on peut être réincarné en animal ou en végétal aussi, faire l'autobiographie d'un poireau, ça peut présenter un intérêt limité, ne nous le cachons pas.

Le poireau n'ayant pas une vie longue et trépidante à la base.

A-t-on déjà vu plus apathique qu'un poireau dans un champ, en hiver, par grand vent ?

Oui.

Un champ tout entier de poireaux apathiques.

Et une autobiographie de poireau se termine fatalement dans une casserole un soir de décembre, dans la cuisine sombre d'une chaumière du Berry, alors que le froid frappe à la porte d'entrée, dont les veines ont été creusées par le temps et les intempéries et aussi un peu la pluie, et les intempéries dans le Berry on connaît, c'est du lourd.

Au coin d'un feu, dans une marmite fumante, le poireau est là, il se meurt. 

La fumée qui s'échappe, tout le monde pense qu'il s'agit de l'eau qui s'évapore. 

Non. 

C'est l'âme du poireau qui s'envole. 

Avec celle de ses collègues les choux. 

Et celle de ses copines les saucisses.

René le poireau aura bien remarqué, peu avant ses derniers instants, les clins d'œil aguicheurs de la grosse Lulu la saucisse, bien bâtie la Lulu, une belle saucisse plantureuse de chez le boucher, bien gironde, avec des formes somptueuses et plantureuses je l'ai déjà dit, elle cherche l'aventure la Lulu, elle n'a pas froid aux yeux qui sont dans le bouillon, et par un jeu savant de contorsions dues à la chaleur, elle aura réussi à se rapprocher subrepticement de René le poireau, qui n'est déjà plus que l'ombre de lui-même. 

Encore un dernier centimètre dans l'eau frémissante, et au moment où la Lulu frôlera de sa croupe charnue la frêle silhouette du René, c'est à ce moment qu'il sombrera pour toujours au fond de la marmite. 

Destin tragique penseront certains, alors que d'autres s'en foutent complètement. 

Pour ne pas dire s'en carrent l'oignon. 

Et se carrer l'oignon dans le Berry on connaît, c'est du lourd.

À suivre...

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Commis par pow wow on mercredi 6 mai 2020


-Tu penses faire quoi comme style de bouquin, tu as déjà des idées, tu as arrêté quelque chose ?

-Ah bon, il faut arrêter quelque chose pour faire un bouquin ? Ah tiens je savais pas. Si j'arrête de fumer, c'est bien ? Oui mais alors si j'arrête de fumer, faut que je fasse un bouquin de régime, parce que je vais prendre des kilos ça c'est sûr.

-Non je...voulais dire...plutôt un essai ? Tu vois, ce genre de chose.

-Oui tu as raison, si j'arrête de fumer, je dois faire un essai d'abord, parce que tel que je me connais, au bout de deux jours je vais être sur les nerfs à la maison et au moindre regard de travers de ma femme ou de mes enfants, le frigo y va voler, je ne suis pas pour faire voler les frigos en temps normal mais si y faut j'hésiterai pas, faut pas me chercher après deux jours sans cigarette tu vois ?

-Non je veux dire un roman, un conte, de la science fiction, quel genre veux-tu faire ?

-Ah oui un genre...ah oui non d'accord, non c'est que tu t'expliques très mal alors on comprend mal, c'est typiquement une relation de cause à effet, tu expliques trèès mal, on comprend trèès mal, c'est ty-pi-que-ment la notion de causalité dans toute sa splendeur, telle que décrite par les personnes qui ont pour métier de décrire précisément ce genre de notions. Tu me dirais c'est l'effet papillon je te dirais non mais tu chauffes, tu me dirais c'est l'effet domino je te dirais je t'en foutrais moi des dominos mais tu chauffes, tu me dirais c'est l'effet de réaction en chaîne je te dirais et mon pied au cul il fait réaction en chaîne ? mais tu chauffes, tu me dirais c'est l'effet de causalité je te dirais eh ben voilà tu vois quand tu veux, t'es long à comprendre mais je me dois d'user de pédagogie et d'aider mon prochain, et tu es mon prochain, je le sens bien. J'ai cette très nette intuition.

-Un roman, c'est bien un roman, j'en édite pas mal, si c'est bien écrit, bien construit, on peut faire un carton.

-Un roman à l'eau de rose, oui j'y ai pensé.

-Ah bon, tu as une histoire ?

-Non, pas la moindre. Que dalle. Par contre j'ai déjà goûté de l'eau de rose, c'est super-bon et j'aime bien. Bon ça s'appelait « eau de rose » mais c'était en fait de l'alcool de rose, ça venait de Pologne je crois, je te fais pas un dessin, ça faisait arme de destruction massive tu vois, le genre que si maintenant tu passes ça à la douane t'es classé terroriste direct, fiché S+++Premium avec ta photo sur le site du FBI en prime dans la catégorie des « ten most wanted », et c'est Guantanamo qui te pend au nez. Y sont fous ces polonais.

-Ah oui donc tu n'as aucune idée, en quelque sorte.

-Voilààà, c'est exactement ça ! Je suis bien content que tu en prennes conscience.

-Ah oui donc on n'est pas sortis...

-Voilààà, c'est exactement ça ! Je suis bien content que tu en prennes conscience.

-Tu sais que je me pose des questions sur notre collaboration ?

-Alors là, laisse-moi te dire que tu te trompes, je suis carrément le mec le plus au faîte du sujet, j'ai de sacrées idées de livres, crois-moi !

-Ah oui, on peut savoir dans quel genre ?

-Eh bien figure-toi que j'ai déjà recopié la moitié du livre de Patrick d'Arvor sur Hemingway « La vie à l'excès », ça c'est des genres de livres qu'on se passe d'écrivain en écrivain tu vois, ça se fait beaucoup y a pas à s'inquiéter, je vais l'appeler « Trop trop la life » et hop, un succès de librairie assuré.

-Ah oui donc tu veux te lancer dans le plagiat quoi...

-C'est pas du plagiat, alors là mais n'importe quoi hein, c'est un hommage ! Quel plus bel hommage pour un plagiaire que de voir son plagiat plagié, tu peux me dire ?

-On va quand même se retrouver avec un procès avec un truc comme ça, je te le garantis.

-Non, on va pas, TU vas, nuance. Parce que c'est un hommage soit, mais je n'écrirai pas sous mon vrai nom, je suis pas con. Et puis si tu n'as pas les reins solides financièrement ni le courage de le faire, je m'adresserai à quelqu'un d'autre. Il faut du courage et du panache dans ce métier si on veut sortir du lot.

-C'est ça, adresse-toi à quelqu'un d'autre. 

-Qu'est-ce que tu peux être obtus quand même , excuse-moi d'avoir une certaine vision créatrice hein! 

Le sandre au beurre blanc.

Je me demande si ce n'est pas mon poisson préféré.

Bien sûr la truite c'est bon, le saumon aussi, voire un simple filet de merlan fariné et poêlé au beurre avec du persil, mais le pavé de sandre, ça reste incomparable, bien meilleur que le brochet, et par ici c'est le pays du sandre et du brochet, c'est dire si je parle en connaissance de cause . Tu penses bien.

Avec un Sancerre blanc, un Pouilly, un Meursault.

C'est en soi une preuve tangible de l'existence du divin. 

Si le divin existe.

Crois-moi, si le divin existe, y se torche pas au Vieux-Papes mais au Meursault.

Tu crois quoi? Tu prends le divin pour un con?

À suivre...

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Commis par pow wow on jeudi 30 avril 2020


Ce n'est pas le seul à l'évidence, mais j'en connais qui ne sont apparemment nés que pour ça. 

Il faut envisager dès lors que ce puisse être une raison primordiale du pourquoi de la Vie.

Ça fait peur quand même. 

On n'est pas à l'abri. On n'est jamais à l'abri.

Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage.

C'est marqué en gros sur les paquets qu'on te vend pour fumer.

J'étais donc un gros haricot pataud, ça m'avait frappé car quand j'étais à la crèche avec d'autres haricots, on aurait dit un cassoulet géant, si on était naturellement porté sur une vision toulousaine de la Vie, il y en a même qui étaient déjà tout joufflus et tout bouffis, eux c'était les saucisses du cassoulet, c'est ce qu'on pouvait penser.

Je me suis toujours demandé si ma mère n'avait pas fumé comme un pompier pendant ma grossesse, et que ça m'avait probablement grillé des neurones, des petits neurones pourtant bien doux et bien roses comme une peau de saucisse donc, pourtant c'est marqué sur les paquets, avec des photos horribles, comme celle d'un enfant avec un masque pour respirer. 

C'est une photo horrible. 

Parce qu'elle est toute petite, pas plus d'un centimètre et demi sur trois centimètres et demi, très mauvaise qualité d'impression, les couleurs sont laides, c'est horrible. 

Non, ça donne pas envie de fumer .

Ou alors elle éclusait comme un gardien de phare, ma mère. 

Elle se pochetronnait peut-être le pompon toute la sainte journée, ce qui est également déconseillé aux femmes enceintes qui attendent un enfant, je ne vous apprends rien. 

Ça expliquerait mon retard mental et pourquoi je ne marchais ni ne parlais ni ne lisais à trois mois. 

Elle était bretonne et ça écluse bien les bretons, faut pas se le cacher, ça a un genre de double œsophage le breton, un normal pour s'occuper de la nourriture qui consiste en des crêpes suzette et de l'andouille de Guéméné et du far breton et du quatre-quarts, le tout-venant serais-je tenté de dire, ça y est je l'ai dit, et un autre œsophage itinéraire-bis renforcé et tapissé de téflon pour tout ce qui est substance liquide, y compris et prioritairement les substances corrosives. 

J'exagère pas ou à peine.

Faut savoir que les tuyauteries des centrales nucléaires, comme celle qu'il y a près de chez vous et qui crachote ses rejets radioactifs dans la station de pompage d'eau potable du canton, sont des tuyauteries high-tech calquées en tous points sur le modèle de l' œsophage breton, c'est hyper-résistant à tous les produits dangereux qui s'écoulent dedans. 

Ça résiste à tout. 

C'est dommage que pour relier tout ça on ait fait usage de joints en caoutchouc normal, c'est pour ça que ça fuit de partout dans les centrales nucléaires, la tuyauterie bretonne n'est pas en cause. 

Le nucléaire français est le meilleur au monde. 

Sauf les joints, mais c'est minime le problème des joints. 

C'est du joint de machine à laver, c'est du joint standard, ça se remplace facilement, y pas de souci.

Mais n'ayons pas peur, on ne risque pas un Fukushima en France.

Parce que Fukushima c'est au Japon déjà oui vous faites bien de le souligner, et parce qu'on n'a pas la même culture, les japonais et nous. 

Au pire risquons-nous un Tricastin, un Fessenheim, un Nogent, mais pas un Fukushima ni un Tchernobyl. 

Le nucléaire c'est biodégradable, à long terme mais biodégradable quand même.

Il a sans doute raison mon éditeur, je devrais faire une autobiographie.

J'en ai déjà discuté avec lui, bon c'est pas une flèche finalement, évidemment c'est pour lui que je le fais. 

Pour lui rendre service.

À suivre...

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Commis par pow wow on mercredi 22 avril 2020


Il est chiant cet éditeur, je me demande s'il connaît son boulot.

Tout l'après-midi suivant, j'ai fait le tour de toutes les jardineries du département. 

J'ai eu de la chance, il faisait beau. 

Il aurait plu remarque, c'était pareil, parce que je dispose d'un véhicule de transport autonome motorisé à carburant pétrolifère qui possède la particularité de pouvoir vous transporter d'un endroit à un autre, sans avoir besoin de marcher, et ce dans l'aisance la plus totale, je sais pas si vous connaissez.

Moi j'en ai un.

-Bonjour Mademoiselle, excusez-moi de vous déranger mais il fait beau on a de la chance j'ai un véhicule à carburant pétrolifère, est-ce que vous pourriez m'indiquer où se trouve le rayon du terreau à rempoter ? Dans des sacs.

-Bien sûr Monsieur, suivez-moi...Tenez voilà, vous avez toutes sortes de terreaux différents.

-Excusez-moi, j'ai pas dit s'il vous plaît, je ressors et on la refait.

-Mais non c'est pas la peine Monsieur, et je suis très occupée vous savez.

-Oui mais c'est pour un livre, il faut refaire la scène, faut que ce soit carré pour aérer, déjà la lumière est bonne, le son est bon, on y retourne, bougez pas. dès que je crie "Moteur action" vous bougez comme dans la vraie vie OK? 

-Mais non enfin, j'ai pas que ça à faire ! C'est pour quoi votre terreau au juste ?

-Pour rempoter.

-Ah, du terreau de rempotage, c'est par ici. Et c'est pour rempoter quoi ?

-L'adhésion...j'ai pas compris.

-Pardon ?

-Pour de l'adhésion, c'est ce qu'on m'a dit, alors ça doit exister j'imagine. Auprès du plus grand nombre qu'on m'a dit. C'est quoi le plus grand nombre d'après vous ? Y faut que je rempote auprès du plus grand nombre, vous trouvez pas que c'est un genre d'énigme comme du père Fouras vous ?

-Je ne comprends rien à ce que vous dites, je suis désolée.

-Moi non plus je ne comprends rien, c'est mon éditeur qui m'a dit ça, c'est lui qui veut que je fasse un livre c'est pas de ma faute, moi à la base je suis dessinateur, je sais pas faire des livres, et lui il m 'oblige à en faire un, avec des chapitres en plus, et vas-y que chte donne des ordres, et vas-y qu' y faut faire des chapitres, je sais pas comment lui dire non, à part lui dire non, mais c'est trop simple, c'est la solution de facilité, c'est l'arme des faibles. Je préfère de loin la circonlocution, j'en ai besoin, puis je vais prendre deux pots de géraniums là-bas pendant que j'y suis, merci, sinon.

-Oui je...écoutez, très bien, je vous souhaite une bonne journée alors.

-Vous êtes gonflée vous alors ! Il est déjà seize heures et vous me souhaitez une très bonne journée ! Vous n'êtes pas très commerçante vous alors! 

C'est un monde tous ces commerçants qui vous agressent.

On jurerait qu'on les dérange.

C'est que le monde a bien changé. 

De par rapport aux périodes où il changeait moins. 

Je sais pas, quand j'étais tout petit, vers un ou deux ans j'ai pas compté, je me souviens que je me disais que le monde n'avait pas tellement changé, en un ou deux ans j'ai pas compté. 

J'avais peut-être un repère de temps différent tu me diras.

Oui tu me diras rien je sais, toi tu lis c'est tout. T'as le boulot le plus fastoche. C'est toujours les mêmes.

C'est vrai que je trouvais que le temps ne passait pas vite quand j'étais tout petit, je passais devant une glace, je me voyais tout le temps en couche à quatre pattes, un long filet de bave traînant derrière moi, j'étais désespéré et inquiet car je ne voyais pas de progrès, je me demandais si je n'avais pas un retard et ça m'angoissait. 

Je me disais que je n'allais pas pouvoir passer ma vie en couche à quatre pattes comme ça, je me donnais généralement encore un mois ou deux pour réagir et rebondir, me prendre en main et devenir un homme. 

Et je craignais de décevoir fortement mes parents qui avaient sûrement dû avoir d'autres attentes me concernant, c'était légitime, eux ils avaient fait un enfant pour qu'il fasse des études et ils se retrouvaient avec un gros haricot rose avec une seule dent qui mangeait les miettes sur la moquette et qui bavait.

J'imagine la déception.

Dire que pendant des années, j'ai poussé, mes parents croyaient que j'avais envie de faire caca mais non, je poussais pour essayer de grandir, je ne savais faire que ça à l'époque il faut bien l'avouer, je ne connaissais que cette technique d'expression, mais ça ne marchait pas. 

Par contre je finissais par faire caca quand même.

Ce fut un terrible apprentissage de la vie, un de ces trucs qui te font devenir adulte, à un an et demi, toi t'es encore dans ton monde imaginaire et tout à coup tu prends conscience.

Que la vie ce n'est pas ce que tu imaginais. 

Tu pousses en espérant qu'il en sortira quelque chose de positif, de merveilleux, tu pousses parce que c'est l'instinct qui te le dicte, c'est une loi universelle du haricot rose qui débute dans la vie, tu as l'impression que tu es né pour pousser et que ton avenir sera rose si tu pousses bien comme il faut. 

Et puis non, tu pousses en croyant faire quelque chose de bien et ça donne un truc complètement loufoque qui sent mauvais. 

Ton idéal de vie rêvée et ton génie créateur en prennent un sacré coup, et pour finir tu te rends compte alors que tu n'es qu'un genre de bête machine, un genre de bête moteur à trois temps, dont tu ignores la finalité.

Tu manges tu pousses tu dors.

Tu manges tu pousses tu dors, tu manges tu pousses tu dors.

Tu ne le sais pas encore, mais ça préfigure ta vie future. 

Métro boulot dodo. 

Nous sommes configurés pour avoir une existence mécanique, nous ne sommes que des robots de chair et d'os. 

De la viande rythmée oscillant à telle fréquence, du steak gigotant. 

Quel est le sens de tout ça, sa finalité, son objectif, son intrinsèque but ?

Faire chier ses voisins.

À suivre...

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Commis par pow wow on dimanche 19 avril 2020


J'aurais pas pensé.

Je pense pas à tout.

C'est que c'est le premier que j'écris après tout, c'est ma première autobiographie, il y en aura d'autres sûrement, mais pour la première je me dois de faire un effort particulier. 

Pour les prochains on s'en fout je ferai comme tout le monde, je ferai du copier-coller dans d'autres bouquins ou sur Wikipédia, faut pas bouder la technique, aujourd'hui tu peux faire un bouquin en quelques clics avec le copier-coller, c'est une révolution quand même.

C'est incroyable quand on y pense tout de même, de voir que le progrès a évolué dans ce domaine. 

Je viens d'écrire "le progrès a évolué", tu te rends compte de la pertinence de cette assertion ou pas? 

Tout ce qui concerne la culture a drôlement évolué au fil des années. 

Quand j'étais enfant je me souviens, le mercredi après-midi maman faisait des crêpes, et on sortait le tourne-disques. 

Non, maman ne faisait pas les crêpes sur le tourne-disques, et notez bien par ailleurs que si le Tepaz avait eu un plateau chauffant, c'eût pu alors être possible et hyper-fastoche d'y faire des crêpes. 

On faisait tourner, on versait la quantité adéquate de pâte sur le plateau, on posait la raclette perpendiculairement au centre et ça te faisait ta crêpe tout seul. Je suis un inventeur dans l'âme. Un tourne-crêpes à deux vitesses, 33 tours pour les grosses galettes bretonnes et 45 tours pour les petites crêpes de la Chandeleur. 

33 tours quand t'as le temps et que tu n'es pas pressé, 45 tours pour quand t'es à la bourre entre midi et deux heures.

Mais remplacer la pointe diamantée par autre chose ma paraît impératif, car sinon quand ça tourne, dans le haut-parleur tu n'entends pas un son mélodieux mais un GLBLLRLBLLRBLRGLBR car la pâte à crêpes bourre toute la tête du tourne-disques, pardon, du tourne-crêpes. 

Oui mais donc, le tourne-disques ne nous servait qu'à écouter de la musique. 

Hugues Aufray et son petit âne gris, Tino Rossi et sa belle nuit de Noël. 

Toute l'année on écoutait le belle nuit de Noël, en mangeant des crêpes à la confiture. 

En fait il nous cassait les oreilles Tino Rossi, il nous a fait chier le Tino, et quand il est mort on a poussé un ouf de soulagement. 

C'est d'ailleurs à la même époque, puisque je suis un inventeur dans l'âme, que j'inventai, un mercredi après-midi comme un autre, les bouchons d'oreille anti-Tino Rossi en crêpe à la confiture, pour nous soulager un peu.

Puis vinrent les magnétophones à cassette. 

Avec leurs aléas de lecture de cassette qui parfois te déroulaient entièrement une cassette quand un des deux petits entraîneurs tournants ne tournait plus, ou que l'un tournait plus vite que l'autre ; généralement c'était toujours celui qui dévidait la bande qui tournait plus vite, alors que celui qui enroulait avait du mou dans les genoux grave, et que tu te retrouvais alors avec une cassette et deux kilomètres de bande dehors, toute fripée et toute pliée et bourrée et coincée dans les têtes de lecture, bande que tu tirais pour la décoincer et que tu enroulais pour la énième fois avec un stylo bille, et que ta cassette finissait par être fripée du début à la fin et qu'à écouter ça faisait des modulations tout bizarre et que t'avais l'impression d'écouter de la musique comme si tu avais mangé de la drogue à midi à la cantine, ça préfigurait complètement la musique psychédélique en fait.

Le temps a passé et l'on est aujourd'hui dans l'ère numérique.

Avant il te fallait attendre de longs mois et économiser moults piécettes sonnantes et trébuchantes pour envisager d'acquérir le dernier album de ton artiste préféré, comme Carlos ou Patrick Topaloff. 

Maintenant, on allume l'ordinateur, on clique sur un dispositif spécial qui ressemble à s'y méprendre à un petit rat, et en cinq minutes on a une médiathèque complète.

C'est bien le numérique, mais c'est dur de s'y retrouver.

Aujourd'hui en cinq minutes t'as une médiathèque, qui fait en plus GPS, et quand, sur ton ordinateur, tu te mets à écouter « Le Loir-et-Cher » de Michel Delpech, tu reçois un e-mail de l'office du tourisme du Loir-et-Cher et un SMS de Carrefour qui t'indique qu'il y a des promotions sur les pêches toute la journée.

C'est bien le numérique, mais faut suivre.

Ça va vite quand même.

Tu veux télécharger le tout dernier album de ton artiste préféré qui vient de sortir, et quand t'as fini de le télécharger y a deux nouveaux albums et quatre nouveaux DVD qui sont sortis pendant que tu téléchargeais.

C'est une révolution, et c'est pareil avec les livres, donc.

Comme je le disais au début de ce chapitre.

Que je termine tout de suite pour en commencer vite un autre, puisque mon éditeur m'a bien stipulé qu'il fallait faire des chapitres à mort pour aérer la structure en papier, si je me souviens bien.

Mais je me rends compte à l'instant que je n'ai pas signalé qu'il y avait un nouveau chapitre, et je cherche le meilleur moyen d'attirer l'attention du lecteur à ce sujet.

Du coup je pourrais stipuler que je commence un nouveau chapitre en affichant tout simplement:

                 ATTENTION VOILÀ UN NOUVEAU CHAPITRE .

C'est une piste à suivre.

           ATTENTION VOILÀ UN NOUVEAU CHAPITRE


Mon éditeur m'a appelé, il n'était pas content. Ça s 'entendait au son de sa voix qui n'était pas contente :

-Tu te fiches du monde ! Tu ne vas pas faire un chapitre toutes les deux pages, d'où tu sors ça ?

-Ben c'est toi qui me dit de faire des chapitres pour la structure en papier et puis après quand je fais des chapitres pour la structure en papier tu m'appelles pour m'engueuler que je fais des chapitres , ah ben dis-donc elle est bonne celle-là ! Tu me dis d'aérer, moi j'aère, je disperse, je ventile comme dirait Louis de Funès ! Ah ben t'es marrant toi comme type !

-Oui tu dois faire des chapitres, pour diviser ton livre en des parties bien distinctes. Quand tu fais une phrase, tu utilises la ponctuation pour couper ta phrase en morceaux, pour l'aérer, pour la rendre compréhensible non ?

-Euuuhh...non je...suis comme tout le monde je n'utilise pas systématiquement la ponctuation parce que c'est pas obligé je vois pas d'où ce serait obligatoire de faire des phrases coupées si on a envie de découper les phrases on en fait plusieurs à la suite en tous cas je connais plein de types qui ne ponctuent jamais rien eh ben crois-moi ils ne s'en portent pas plus mal alors hein.

-Tout le monde fait de la ponctuation, même sans s'en rendre compte, alors arrête tes conneries un peu !

-Je fais de la ponctuation si je veux c'est pas toi qui va m'obliger je suis plus un gamin t'as qu'à demander à maman.

-Écoute, c'est pour t'aider que je dis ça, ton livre se doit d'être clair et facilement accessible si tu veux remporter l'adhésion auprès du plus grand nombre.

-Ah bah oui d'accord alors ah oui, dit comme ça alors ah oui.

J'ai raccroché.

J'ai rien compris.

À suivre... 

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Commis par pow wow on jeudi 16 avril 2020
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