Par exemple, le dimanche sur France 5, tu vois un documentaire sur des squelettes de dinosaures. 

Le dimanche c'est journée squelette sur France 5. 

Ou météore. 

On voit un type, un russe souvent, qui se promenait dans la toundra par hasard à un moment donné, peut-être la balade du dimanche dans la toundra après le repas on sait pas, il se balade et son pied bute contre un objet, il ne sait pas ce dont il s'agit, mais il le déterre parce qu'il trouve que déterré ça fait moins enterré d'une part, et par esprit de curiosité sans doute il l'exhume du sol, donc. 

Il s'aperçoit que c'est en fait un os de dix centimètres de long. 

Persuadé d'avoir découvert quelque chose d'extraordinaire, il enfourche son vélo, parce qu'il se baladait en vélo, et revient à toute berzingue au village où l'attend une équipe de spécialistes des os qu'on retrouve en se promenant dans la toundra à vélo. 

Le gars leur fait part de sa découverte tout excité, leur propose de leur montrer l'endroit exact contre une bouteille de vodka, et tous s'équipent et montent dans une petite colonne de véhicules à chenilles dont le moteur chauffait en attendant, en fait on se demande si c'est pas un peu préparé comme documentaire.

Après un petit périple de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, loin de tout, ils arrivent sur le lieu de la trouvaille, mais il est tard alors ils montent un campement de base et prennent un repas en buvant de la vodka et en chantant des chansons russes très tristes avec un accordéon et après ils vont se coucher complètement torchés, c'est des russes c'est pour ça.

Le lendemain matin, le soleil se lève sur la toundra, on distingue enfin le paysage, il n'y a rien sur des centaines de kilomètres à la ronde, c'est la toundra quoi, y a des mousses et du lichen, bon c'est déjà bien, faut bien la remplir la toundra et le lichen c'est pas cher comme revêtement de toundra, c'est moins cher que le lino. 

Je sais j'ai vu le prix du lino chez But.

Là le gars montre aux scientifiques en anorak le lieu où il a trouvé le fossile, mais en moins de trente secondes on s'aperçoit qu'il y a là un squelette de faisan qui s'est fait bouffer la veille ou l'avant-veille par un renard de la toundra, et que le fossile est en fait un pilon de faisan de la toundra, d'où quiproquo. 

Les scientifiques à chapka pittoresque en poil de martre mordorée d'Ekaterinbourg sont dépités et énervés. 

Comme tout le monde a petit-déjeuné à la vodka et qu'ils sont déjà tous pompettes, ils commencent à se foutre sur le trognon, ça dégénère. 

Bon ça se bourre à coups de poings, ça envoie du pâté, mais au moins ça réchauffe.

Jusqu'à ce qu'un des protagonistes tombe au sol et se cogne la tête sur quelque chose de dur. 

Il a une grosse bobiche et on lui soigne à la vodka. 

C'est alors qu'on remarque que ce sur quoi s'est bobiné le gars et qui émerge du sol est bien étrange. 

On entreprend d'y regarder de plus près, on le déterre.

C'est un fémur de dix-huit mètres de long.

Soit c'est un très gros faisan de la toundra, soit c'est autre chose, se disent les scientifiques à bottes en fourrure de loup bigarré de Sverdlovsk. 

En prospectant un peu à l'entour, ils découvrent d'autres vestiges qui émergent, découvrent les restes d'un crâne de quatre mètres d'envergure, quatre mètres, à peu près de là à là, bon j'exagère, de là à là. 

Après un rapide passage en revue de leurs connaissances, on en déduit qu'il ne peut s'agir d'un faisan de la toundra, tout bien considéré, même dopé à mort aux stéroïdes. 

Après j'ai pas suivi, je me suis endormi. 

Y a des docs bizarres sur France 5.

Ce récit palpitant n'est donc pas un ouvrage sur la préhistoire disais-je, et on peut le déplorer, à certains égards. 

Et pas à d'autres, ça dépend des égards qu'on préfère, j'oblige personne à rien, c'est ça qu'est bien avec ce récit, c'est qu'on n'est même pas forcé de le lire, on peut s'en passer d'ailleurs, le monde ne s'arrêtera pas de tourner pour autant rassurez-vous, on peut juste s'en servir pour caler un meuble si on veut, on peut arracher les pages, après les avoir imprimées, et se les fourrer dans le nez si on saigne du nez, les mettre dans le fond de la cage du lapin car, grâce à leur haut pouvoir absorbant et à leur composition spécifique qui neutralise les odeurs, elle sont un allié indispensable à l'hygiène du lapin. 

Le livre ne doit pas seulement être un bel objet, s'il est utile par ailleurs, c'est un plus. 

Mon éditeur, car j'ai trouvé un éditeur compatissant, m'a dit, sans détour:

-Il faut que tu te demandes à quoi va servir ton livre, concrètement, pour le lecteur. C'est un projet global et prenant tu sais, tu dois avoir une vision claire de ton travail avec un objectif tangible, un propos clair et une construction linéaire parfaite.

-Ah zut, j'avais pas pensé à ça. Tu es sûr? Je veux bien te croire après tout, tu n'as pas l'air d'être plus incompétent qu'un autre. Alors concrètement? Un objectif global et prenant? Une vision linéaire parfaite tu dis? Allons bon. Eh bien écoute...mmmm... mon livre, alors je parle concrètement concrètement hein...concrètement donc, mon livre...concrètement parlant...on peut envisager, au pire...qu'il puisse servir...mmmm...à l'hygiène du lapin, imprimé sur du papier buvard, pour rendre service aux gens, c'est plus hygiénique que le foin comme litière.

-Attends attends attends...figure-toi que là tout de suite, je me demande si l'on n'est pas en train de se fourvoyer complètement et si tu es de taille pour ce projet...

-Si je suis de taille? Elle est bonne celle-là! Il me demande si je suis de taille! Un grand gaillard comme moi! Tiens regarde, et debout comme ça, tu en penses quoi? Je suis pas de taille là? Je suis même plus haut que toi, oui mais toi tu triches, tu es assis! »

À suivre...

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Commis par pow wow on dimanche 5 avril 2020


Reste donc que j'ai fait taire mon côté artiste pour faire parler mon côté écrivain. 

C'était moins visuel mais plus intéressant. 

Mais j'ai appris qu'on pouvait être aussi un écrivain incompris, c'est pas de bol, je croyais que c'était réservé aux artistes, mais non, on trouve des incompris dans toutes les professions, et il ne faut pas le cacher, ça touche toutes les couches sociales, et non pas seulement les couches ou les classes populaires comme on pourrait le penser, en faisant abstraction de toute jugeote ou en s'empressant d'émettre un jugement à l'emporte-pièce, comme ça à la va-vite sur le pouce, sur des bases sociologiques à chier. 

Non. 

Je le dis ici très clairement. 

Sans la moindre ambiguïté. 

L'incompréhension dans son travail ou dans son milieu n'est pas le funeste apanage des classes défavorisées, loin s'en faut. 

On a tort d'écouter un certain milieu qui se dit intellectuel et qui essaie de nous faire croire, à grand renfort de thèses toutes plus fumeuses les unes que les autres, que les pauvres sont des pédophiles-chômeurs incompris. 

Non. 

Mille fois non. 

Les pauvres sont des pédophiles-chômeurs, un point c'est tout.

Il ne faut pas être grand clerc, comme Julien, pour s'apercevoir que dans notre société d'aujourd'hui, sous le fallacieux prétexte de faire une phrase supplémentaire, comme ici, voire deux, pour masquer l'étendue de la vacuité de son propos, on n'hésite pas à stigmatiser telle ou telle catégorie de la population. 

À seule fin d'en tirer un bénéfice électoral souvent, et de rallonger un paragraphe au passage. 

Notez que ceux qui font de la rallonge exprès pour étoffer leurs récits avec des phrases courtes et des formules lapidaires sont souvent des gens ignobles.

C'est bas. 

C'est tout petit. 

C'est pas glorieux.

Pas du tout.

Du tout du tout.

Beurk.

Caca.

Ainsi, l'on stigmatise à l'envi les pauvres, notamment, parce qu'ils ne sont pas si riches que ça. 

Société décadente. 

Renversement des valeurs. 

Paupérisation de la morale.

Et bim.

La richesse étant devenue l'unique repère, tant social que moral, on en oublie qu'il n'en fut pas toujours ainsi. 

Du temps des dinosaures déjà ça c'est sûr, mais aussi longtemps après, la richesse ne fut pas le critère dominant de la position sociale. 

La force brute suffisait. 

Un bon coup de corne de rhinocéros laineux dans la couenne faisait admettre au rival inférieur que dans la hiérarchie sociale, il avait la valeur du larbin de service. 

La situation a perduré jusqu'à ce qu'elle ne perdurât plus. 

Puis arriva le grand singe du genre homo.

Dès son avènement, la richesse et la possession devinrent les critères essentiels pour marquer sa position sociale, son rang, sa force, et pour bien marquer aussi son appartenance à la seule race apparue sur terre qui allait lui en faire baver des ronds de chapeaux, à la terre. 

Ouvrons vite, à ce propos, une rapide parenthèse.

Je n'ai jamais vu quelqu'un faire baver des ronds de chapeaux à quelqu'un, et si l'un d'entre vous possède des documents à ce sujet, un livre, des photos ou même un petit film amateur tourné en super 8 montrant explicitement une personne faisant baver des ronds de chapeaux à quelqu'un d'autre ou à quelque chose, soyez assez aimable de me contacter, la chose m'intéresse. 

Quoique moyennement en fait. 

Même pas du tout, à dire vrai. 

Mon intérêt pour cette expression a duré deux secondes, et là c'est terminé.

Allez on referme cette parenthèse, tout ça n'a que trop duré.

Dès l'aube de l'humanité, il a fallu que le plus fort se taille un gourdin plus gros et plus beau que les autres, admirablement poli avec les pieds, joliment incrusté de molaires de rivaux, pour parader, pour impressionner. 

Dans les concours de beauté de gourdins de l'époque, il n'était pas rare, pour paraître plus snob encore, qu'en plus du défilé proprement dit qui satisfaisait les vanités les plus exacerbées, qu'on y arrachât allègrement de la mâchoire à coups du bel instrument pour en démontrer, en plus de ses qualités esthétiques indéniables, ses capacités à faire péter du rosbif à trois mètres à la ronde sans grande difficulté; on joignait ainsi l'utile à l'agréable. 

Et l'on alimentait, par ces démonstrations viriles et bigarrées, les conversations futures qui ne manqueraient pas de se tenir dans les salons alentour, une fois tout le monde rentré chez soi.

Mais j'ignore pourquoi je vous parle de tout cela, ce récit n'est pas un récit sur la préhistoire.

Non que la préhistoire ne nous intéresse point, bien au contraire et l'on peut s'en réjouir ou alors pas du tout si on a la tête près du bonnet, mais là on s'en fout un peu, présentement.

Et puis on ne connait rien de la préhistoire, faut bien l'avouer. 

Les quelques spécialistes qui se targuent de bien connaître cette époque font semblant en fait, ils n'y connaissent que dalle, mais le manque d'informations concernant cette époque de la vie sur terre leur permet de dire à peu près n'importe quoi, il n'y aura pas beaucoup de monde capable de démentir, c'est un peu scandaleux. 

Non faut arrêter deux minutes les gars. 

On est gentils mais y a des limites à qu'on est des gentils.

À suivre... 

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Commis par pow wow on mardi 31 mars 2020


4-Une furieuse envie, même.

J'avais dit trois mais en fait c'est quatre, bien que le quatre ne soit qu'une extension du trois dans le cas présent, comme un addendum, c'eût pu être trois et demi mais ça faisait pas un compte rond, j'aime ce qui est carré, et le quatre est la représentation typique du carré. 

À moins que ce ne soit le deux. 

Ou d'autres encore. 

Mais on n'est pas là pour faire une fixette sur les représentations typiques, sinon on va passer pour des maniaques, la représentation typique des gens qui ont des névroses obsessionnelles. 

Moi j'ai pas ce problème.

Une furieuse envie de me familiariser, aussi, il faut bien le reconnaître même si cela nous coûte, avec le logiciel Open office, le traitement de texte libre qu'on peut télécharger gratuitement autant qu'on veut comme un malade. 

Moi j'en ai vingt-six versions, toutes la même. 

Des versions de secours. 

Sur mon disque dur, en cas de plantage. 

Comme ça s'il se crashe un jour, mon disque dur, je saurai que j'avais plein de versions de secours. 

C'est apaisant, je trouve.

Se familiariser donc, pour faire des mots, des phrases, des paquets de mots et de phrases, qui puissent représenter à un instant T ce qu'on veut représenter en écrivant à ce même instant.

J'ai jamais compris pourquoi on ne disait pas l'instant I, comme on dit l'heure H, le moment M, le jour J (pour jeudi), le plat P à gratin G, le rayon R. 

Je n'ai pas plus compris pourquoi on disait le rayon X, la bombe H ou le point G. Alors qu'il y a les magasins Point P, pourtant. 

On devrait dire, en toute logique, le xayon X, la hombe H ou le goint G. 

Mystère. 

Ou alors quelque chose m'échappe. 

Mais on s'en fout.

Se familiariser donc, pour faire des mots, sur plein de pages. 

Parce qu'au début de ma pratique du traitement de texte, je dois bien l'avouer, sot comme je suis, n'ayant pas eu le plaisir d'inventer la poudre, j'appuyais toujours sur la même touche, il ne me venait pas instantanément à l'idée de changer parfois de touche. 

Alors c'était facile, ça faisait comme ça:

ppppppppppppppppppppppppppp, ppppppppppppppppppppppppp ppppppppppppp ppppppppppppppppppppppppppppppp pppppppp
ppppppppppppppppppppppp.

Ou:

UUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU UUUUUUUUU; UUUUUUUUUUUUU.

Mais de l'avis de ceux qui ont lu mes premiers livres, des gens en qui j'avais toute confiance, qui étaient avisés et qui avaient déjà lu des livres auparavant, on s'ennuyait vite.

Et ferme.

Pire, on s'endormait même, quand je faisais des:

ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ.

Jusqu'à ce que je comprenne qu'on pouvait changer de touches et faire des trucs moins jolis mais plus compréhensibles, pour le lecteur. 

Où l'on perd en créativité et en expression artistique, on gagne en lisibilité et en compréhension, c'est vrai. 

Faut faire le choix, c'est tout. 

Faut savoir qu'est-ce qu'on veut. 

Soit on est artiste, soit on est compris. 

On ne peut pas être les deux. 

D'ailleurs, un artiste qui pleure tout le temps en disant qu'il est incompris, c'est qu'il est donc un bon artiste, bien formaté, bien dans le moule d'artiste, et ça on le comprend. 

C'est donc un artiste incompris qu'on comprend.

À l'inverse, un artiste qui pleure tout le temps en disant qu'il est compris, là on comprend pas. 

Ce n'est pas un bon artiste, et on ne s'étendra pas sur lui, on ne va pas en plus lui faire de la publicité.

À suivre... 

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Commis par pow wow on dimanche 29 mars 2020


Ma femme me dit:

-T'as qu'à faire une autobiographie, c'est bien une autobiographie, ça va avec tout une autobiographie, et comme ça tu me ficheras la paix pendant ce temps-là. 

Elle est marrante ma femme, elle n'y connait que dalle, mais il faut qu'elle la ramène, elle fait comme si elle s'y connaissait en quoi que ce soit. On dirait qu'elle est née spécifiquement pour me rencontrer et la ramener systématiquement alors que je ne lui demande jamais rien. C'est un genre de mystère de la nature.

-On ne dit pas une autobiographie, je te le signale gentiment cette fois-ci pour ton édification personnelle, pour que tu meures moins sotte, on dit une revue technique. Et elles ont toutes été faites, j'ai celle de la Lagouna 1,9L dci dans le garage, je vois pas ce que je pourrais ajouter. Puis ça n'intéresserait que les garagistes, je ne veux pas écrire un livre pour expliquer comment changer des plaquettes de frein, je crois que tu ne comprends rien à rien à ma démarche, c'est hallucinant.

-Mon pauvre chéri, comme tu es stupide, je te parle d'une autobiographie, ta propre biographie, ta vie, écrite par toi-même! Et tu me parles de je ne sais quoi...de la voiture, non mais écoute un peu!

-Ah oui ma...propre vie...si si j'avais bien compris, non je croyais que tu parlais de la voiture, c'est pour cela je ne comprenais pas, et j'imaginais que tu croyais que tu pensais à une revue technique, c'est pour ça que je tenais à rectifier tout de suite, pour que tu ne t'enfonces pas inexorablement dans ta méconnaissance totale du sujet, j'ai fait ça pour t'aider. Ça c'est tout moi ça, rendre service, et voilà comment on me remercie. Sache que si ma maman te voyait, elle te ferait des gros yeux avec des sourcils très épais un peu comme Emmnuel Chain mais en moins poilu pour le reste du corps. 

-Je ne vais même pas discuter, je sais qu'avec toi, c'est du temps de perdu!

-Ex-ac-te-ment! Et puis reconnaître que tu as tort, ça c'est au-dessus de tes forces hein!

-Je m'en vais, je ne suis déjà plus làààààà!

-Ex-ac-te-ment! Tu es en train de donner corps de manière parfaite à ma démonstration implacable!

-…

-Ex-ac-te-ment! Tout comme j'avais dit! 

N'écoutons pas ma femme. 

Je ne dis rien parce que je suis le bon gars et parce qu'elle est plus douée que moi dans certains domaines il faut bien le reconnaître, bien que ce soit dans des domaines faciles comme par exemple faire une conférence de six heures sur l'intrication quantique, c'est sûrement pour ça qu'elle est douée d'ailleurs. Si c'était des domaines compliqués comme changer les tapis de sol de la voiture, c'est un exemple, elle serait beaucoup moins douée, elle nous ferait de ces trucs, je vous raconte pas.

Non je ne vous raconte pas.

Inutile d'insister.

Bon d'accord, mais vite fait.

Non bon, je ne vais pas m'étaler outre mesure, parce qu'elle risque de tomber sur ces billets, et si par extraordinaire elle les ouvre et arrive à comprendre le sens des phrases, je suis un type fini. 

Bon juste quelques lignes alors mais c'est bien parce que c'est à la demande générale.

Perdues au milieu des billets, ça devrait passer inaperçu. 

Les phrases. 

Mieux, de votre côté, dès que vous aurez fini de lire ces quelques lignes, arrachez cette page de blog sans regrets. Roulez-la en boule et mettez-la au feu. Ou dans un broyeur de pages de blog roulées en boule à faire disparaître au feu. 

Ou dans de l'acide sulfurique, pour plus de sûreté. 

Voilà. 

Moi aussi, dès que j'aurai fini d'écrire ces lignes, je les effacerai de mon ordinateur, avec la touche effaceur.

Ça y est, je les ai effacées. 

Mais j'ai dû les réécrire, pour qu'elles subsistent au moins jusqu'à la publication. 

Cruel dilemme.

Non en fait, après réflexion, je pense qu'il vaut mieux que je ne vous dise pas de mal de ma femme, mais au contraire que je loue publiquement ses nombreux talents. 

Si j'en trouve. 

Je vais m'atteler à chercher. 

Dès que je pourrai. 

Quand j'aurai un moment de libre. 

Là tout de suite je peux pas, j'écris. 

Je chercherai quand je serai moins bousculé, quand j'aurai un trou dans mon agenda, ou pendant les vacances, tiens oui c'est mieux ça.

L'été prochain, je fais le tour de la Corse en pédalo, j'aurai le temps. 

Le beau temps même, j'espère. 

J'adore la mer. 

Mais pas trop.

L'année dernière, pour l'été, on a voulu faire du scooter des mers, mais on était dans les Vosges.

Des fois on calcule mal, on n'anticipe pas. Ça peut arriver à tout le monde. Bien malin celui qui dit qu'il est plus malin que nous.

On peut aussi, rendu là, faire la biographie d'un personnage fictif et imaginaire, mais faut vraiment en avoir l'envie parce que la documentation sur ledit personnage n'existe pas, alors pour avoir des doubles ou des photocopies c'est le parcours du combattant. 

Imaginons un combattant, de n'importe quelle armée, ou un combattant, combattant dans n'importe quel combat. 

Et un parcours. 

Qui dit parcours dit obstacles.

Qui dit obstacles dit embûches. 

Qui dit embûches dit obstacles. 

Qui dit obstacles dit parcours.

Eh bien c'est ce parcours-là. 

Du combattant. 

Un parcours du combattant. 

C'est une expression.

À suivre... 

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Commis par pow wow on vendredi 27 mars 2020


J'en ai vu qu'une télé-réalité, c'était Koh Lanta sur TF1. 

C'était bizarre. 

C'était des gros et des gras qui débarquaient sur une île pour faire un régime et s'amuser à faire des jeux. 

Des jeux à la con que toi tu faisais quand t'étais en CM2 ou en colonie de vacances. 

Le mono il vient les voir juste pour leur faire faire des jeux et après il se barre dans un hôtel cinq étoiles à 200 km de là. C'est comme si t'étais en colo à Chamrousse et que le mono il se barre tous les soirs en hélico au Carlton à Cannes. 

Ça gagne bien un mono.

Après quand il y en a un qui perd au jeu, les autres votent contre lui et il est banni et se retrouve lui aussi dans un hôtel de luxe et il regrossit en deux jours. 

On ne le dit jamais assez, les régimes en yoyo c'est pas bon pour la santé. 

J'ai jamais compris les règles de ce jeu. 

Je crois qu'à la fin, c'est le plus maigre et le plus sale qui gagne. 

Bon il reste que ça se passe toujours dans des jolis paysages, ça c'est bien. C'est Nicolas Hulot qui doit venir repérer les lieux en planche à voile électrique et en ULM à pédales parce que c'est drôlement joli, j'ai rarement vu des paysages drôlement jolis comme ça. 

Il y a la mer et ça rappelle la Bretagne. Pour manger, ils mangent ce qu'ils trouvent sur place, c'est-à-dire pas grand-chose, mais deux noix de coco pourries ou deux tubercules véreux suffisent à leur bonheur, c'est des grands enfants les participants de Koh Lanta. 

Des fois, quand ils crèvent bien la dalle, le mono vient les voir et leur propose un jeu pour qu'une des deux équipes de quinze personnes gagne une tranche de jambon. 

Ils ont tous l'eau à la bouche alors que moi quand je regarde une tranche de jambon, j'ai pas de filet de bave qui coule de la commissure de mes lèvres, c'est une question de volonté. 

Alors ils sont tous super-motivés et ils font des cris de guerre et ça rigole pas, et une des deux équipes gagne la tranche de jambon, ils se la partagent en quinze, ils la mangent comme si c'était hypra-succulent et après ils sont repus. 

Puis ils se partagent le papier d'emballage en quinze au centimètre carré près et chacun part vaquer à ses occupations en suçant son bout de papier d'emballage tout le reste de la journée et tout le monde a bon moral après avoir ingurgité 1/15ème d'une putain de tranche de jambon. 

Dans l'équipe qui a perdu, tout le monde se ligue alors contre celui ou celle qui a fait perdre la tranche de jambon, les reproches fusent, on en vient presque aux mains et ça finit en pleurs et tout le monde fait la gueule à tout le monde. 

Et le mono, un sadique notoire, leur en remet une couche le soir venu au coin du feu lorsqu'il faut éjecter un des perdants à coups de pompes dans le cul. 

Celui qui part s'en va alors en pleurant et dit qu'il est déçu par tout le monde et qu'il est fier de lui et qu'il a rien à se reprocher et qu'il veut faire la fierté de sa famille. Famille qui doit être alors absolument atterrée de voir un grand couillon de quarante ans pleurer à chaudes larmes et finir comme une lavette devant cent millions de français pour avoir perdu une tranche de jambon. 

De quoi rester cloîtré chez soi pendant quinze jours et ne sortir que la nuit, pour éviter les quolibets et les moqueries, qui sont des synonymes si vous ne le saviez pas. Moi je le savais, j'ai fait des études et quand je fais pas d'études j'ai des dictionnaires.

Bon en tous cas c'était un drôle de jeu, parce que ça finissait qu'il y en avait un qui gagnait 100 000 euros et tous les autres lui faisaient la gueule mais en lui faisant des grandes embrassades et des tapes dans le dos et en lui disant « tu l'as bien mérité ». 

Bon après j'ai changé de chaîne parce que ça me soûlait. 

Grave.

D'ailleurs je me demande si j'ai regardé un autre truc à la télé depuis.

J'aimerais à ce propos ouvrir une parenthèse sur la télé-réalité, il y a tant à en dire, du point de vue des rapports humains.

Ouais mais finalement y a trop à en dire, et puis ça n'intéresse personne, et puis en fait on s'en fout remarque. 

Donc je referme très officiellement cette parenthèse, faites comme si vous n'aviez rien vu.

Mais en fait si, en y réfléchissant bien, je pourrais ouvrir une parenthèse, pas seulement sur la télé-réalité mais aussi sur la longue déliquescence du contenu audiovisuel dont on nous abreuve du matin très tôt par exemple à six heures moins le quart, jusqu'à très tard le soir, par exemple vers vingt-trois heures quarante-cinq. 

Ce sont des chiffres indicatifs évidemment, et l'amplitude de l'exposition aux inepties télévisuelles peut varier selon que vous vous levez à six heures du matin ou à midi. 

Ne le cachons pas. 

Et sachez que selon une étude de l'université de je sais plus où menée par je sais plus qui et son équipe, ne pas regarder Télématin et Amour, gloire et beauté dans la foulée augmente l'espérance de vie de six mois chez les hommes et huit mois chez les non-hommes. 

William Leymergie et son émission entraînent une augmentation de la production de radicaux libres et inhibent l'action des antioxydants tels que la vitamine C qu'on trouve normalement en grande quantité dans les tubes de vitamine C chez le pharmacien, et le Framéto qu'on trouve en grande quantité chez Bricorama; et l'exposition prolongée à cette émission provoque des accidents vasculaires cérébraux et des maladies neurodégénératives, on le sait aujourd'hui de manière quasi-sûre ou bien c'est à peu près tout comme.

Tiens mais ça me soûle d'un coup, alors je referme derechef cette parenthèse que je n'ai qu'à peine ouverte vous avez remarqué, la télé c'est de la daube, de la bonne grosse merdasse. 

Inutile de se faire du mal. 

N'insistons pas.

À suivre...

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Commis par pow wow on mercredi 25 mars 2020


3-Une envie.

Une folle envie, donc. Et si je faisais mon propre récit? Ah ben tiens mais oui pourquoi pas? L'envie d'écrire, l'envie de partager, l'envie de s'ouvrir aux autres, l'envie de se faire des ampoules aux doigts en tapant comme un malade sur son clavier pour ensuite aller se faire plaindre chez le pharmacien, plein d'envies différentes, qu'on peut rassembler sous la forme d'un récit, qui ferait la synthèse de tout ça. 

Allez c'est dit c'est dit, et cochon qui s'en dédit.

Se pose alors tout de suite la question primordiale: mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter?

-Chérie, tu ne vas jamais me croire, je vais faire un livre.

-De quoi?

-Je vais faire un livre.

-Où ça?

-Dans mon bureau, je vais taper à l'ordinateur, je sais taper comme il faut à l'ordinateur, je vais inventer une histoire, ça va faire un livre.

-Ah oui mais pourquoi faire? Tu en as des tonnes de livres, et je suis sûre que tu n'en as pas lu la moitié, que dis-je, même pas le tiers !

-Mais je te parle d'écrire un livre, tu te rends pas compte, ça laissera une trace de moi, pour les enfants, pour la postérité, pour que tu te souviennes de moi lorsque je serai mort par exemple.

-Ah ben ça je risque pas de t'oublier. Tiens en parlant de traces que tu laisses, tu me mettrais tes chaussettes sales dans la machine, on ferait déjà un grand pas aujourd'hui, avant que de juste penser à la postérité tu vois.

-...

Des blagues de Toto.

Dans un premier temps, grâce à l'extraordinairement formidable plasticité de mon cerveau génial, j'avais envisagé de faire un recueil de blagues de Toto. 

Ouais mais non.

Quelque chose me dit que l'extraordinairement formidable plasticité de mon cerveau génial se fout un peu de ma gueule, des fois.

Une histoire de prince charmant.

Qui viendrait embrasser une princesse endormie, tiens voilà ça c'est original. 

Ah oui mais non, dans mon esprit ça fait plutôt dessin animé, je sais pas pourquoi, une sorte d'intuition comme ça. 

Bon ben je termine ce livre et j'en fais un dessin animé. 

Oui mais je termine le livre d'abord.

C'est que la tâche n'est pas aisée à vrai dire, on a déjà écrit beaucoup de livres, sur à peu près tout. Il n'est pas rare en sus, lorsqu'on ouvre un livre, de s'apercevoir que le livre qu'on tient dans ses mains a déjà été écrit par quelqu'un d'autre avant, non ce n'est pas du plagiat, c'est par manque de temps, on imagine. 

Tiens à cet instant, je pense à un de nos ex-journalistes vedette qui a des cheveux à nouveau, nous l'appellerons Patrick Sel de Bretagne pour préserver la quiétude de sa vacuité intellectuelle, et qui sort beaucoup de livres. 

Mais comment fait-il? 

Où trouve-t-il son inspiration? 

Le complément capillaire donnerait-il des idées? 

Ce serait bon de le savoir, auquel cas je file dès demain chez le taxidermiste du coin de la rue, il va bien me découdre un renard qui est dans la vitrine pour m'en faire un postiche.

Quoique le renard ça fait bien roux quand même. 

Un lièvre peut-être. 

Oui mais pas un lièvre des neiges, je suis pas si vieux que ça, j'ai le temps avant d'avoir les cheveux tout blancs. 

Bon on proscrit d'office tout ce qui est bêtes à plumes, parce que ça fait pas le complément capillaire crédible, les plumes. 

J'ai les cheveux grisonnants, il faut un bestiau idoine. 

Y a bien le rat, mais ça fait une coupe courte. 

Y a bien le yak, mais ça fait dread-locks

Le putois ça sent, le castor ça fait pas sérieux, surtout si on laisse la queue derrière, ou alors un truc tigré comme le raton-laveur, pour faire un style, coupe classique, et queue tigrée. Comme Davy Crockett le trappeur trapu, qui est aussi la voix de la conscience de
Pinocchio.

Non je confonds.

Avec un autre truc.

Ah non, c'est cocasse, je confonds avec Jiminy Cricket, qui est un cafard et qui se lamente de la conduite du pantin de bois bien connu dans le milieu du pantin de bois. Bon de toute manière, tordons le coup aux idées reçues, le complément capillaire ne donne pas un talent supplémentaire. On le saurait.

Une biographie.

Ah oui tiens pourquoi pas ça aussi oui. 

Mais je ne connais personne qui vaille qu'on lui dresse une biographie aux petits oignons, je connais que des cons. 

Je ne vais pas tresser de lauriers à un con, ou je ne vais pas dézinguer un con, il est déjà assez con comme ça. 

Et pour faire une biographie qui tienne la route, il faut compulser un certain nombre d'ouvrages pour se renseigner, il faut faire un vrai travail d'étude, et moi j'ai pas envie d'écrire un livre pour lire d'autres livres, c'est complètement con. 

Si j'ai envie de lire un livre, je le prends, je le lis, puis je le repose. Sur une étagère. Par exemple. Si je veux en lire plusieurs à la suite, c'est pareil, c'est le même cheminement. 

Mais j'ai pas besoin d'en faire un livre quand j'ai tout fini pour tout raconter, pour en faire une synthèse ou pour exposer un angle particulier de ce que j'ai lu, ou de ce que j'ai compris, c'est des malades qui agissent comme ça, des grands malades. 

Le monde est rempli de grands malades, j'ai déjà remarqué ça.

Et puis raconter la vie d'un autre type que soi, ça montre un certain emmerdement profond dans sa vie, c'est un peu un truc de concierge en fin de compte, ou de mémé qui s'installe sur une chaise derrière ses rideaux pour épier la vie des autres dans le quartier, tout en caressant son chat sur ses genoux. 

Les biographes sont sûrement des gens à chats sur les genoux. 

Un ethnologue pourrait probablement décortiquer ça pour nous. Je dis ça comme un conseil, si un jour vous invitez un ethnologue chez vous pour décortiquer les caractères culturels et sociaux des biographes, invitez-le un soir de Noël, il pourra en plus vous décortiquer des crevettes en même temps, un ethnologue c'est content quand ça décortique, autant s'en servir à bon escient. 

Il aura les doigts qui puent après, mais le bon ethnologue s'en fout, il est passionné par son champ d'études, c'est bon à savoir pour en profiter. 

Pareil, vous le mettez sur une épave de 4L, il vous la met en pièces en un rien de temps et après vous pouvez tout vendre en pièces détachées sur eBay, c'est pratique n'empêche. 

On dit ouais les ethnologues tout ça, mais s'ils n'étaient pas là on serait bien content de les trouver.

Après il faut être intéressé par la vie d'un personnage pour en faire une biographie, et pour cela il faut en connaître, des personnages. 

Des célèbres. 

Mais ceux qui le sont ont déjà tous été pris, et quand vous arrivez il ne reste déjà plus grand choix, les premiers arrivés ont été les premiers servis, et bien souvent il ne vous reste plus que d'obscurs personnages de seconde zone, style vedette décérébrée de télé-réalité par exemple, vous voyez l'angoisse. 

À suivre...

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Commis par pow wow on dimanche 22 mars 2020
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